Les différents types de cancer du sein

Deux grandes familles : in situ ou infiltrant
La première distinction fondamentale repose sur le degré d'extension des cellules cancéreuses.
Le carcinome in situ
Le carcinome in situ désigne une lésion précancéreuse dans laquelle les cellules anormales restent confinées à l'intérieur des canaux ou des lobules du sein, sans envahir les tissus environnants. Il représente environ 20 % des diagnostics initiaux de cancer du sein1,2, est généralement non palpable et peut se présenter simultanément dans plusieurs canaux galactophores*.
Bien qu'il ne soit pas encore un cancer invasif, il doit être traité pour éviter qu'il n'évolue. La prise en charge repose sur une chirurgie avec une marge de sécurité**, suivie ou non d'une radiothérapie selon l'étendue de l'exérèse***.3,4
* Ce sont les petits conduits à l'intérieur du sein qui transportent le lait depuis les lobules (où il est produit) jusqu'au mamelon.
** terme chirurgical qui désigne le fait de retirer non seulement la tumeur elle-même, mais aussi une bande de tissu sain autour d'elle
***terme médical pour désigner l'ablation chirurgicale d'un tissu ou d'une lésion
Le carcinome infiltrant (ou invasif)5,6
Lorsque les cellules cancéreuses franchissent la barrière des canaux ou des lobules pour envahir les tissus voisins, on parle de carcinome infiltrant. Ces cellules peuvent alors se disséminer par voie sanguine ou lymphatique vers d'autres régions du corps et former des métastases.
Le carcinome infiltrant peut, dans certains cas, évoluer vers un stade métastatique lorsque les cellules cancéreuses migrent vers d'autres organes. Il ne s'agit pas d'un type histologique à part entière, mais d'un stade d'évolution qui peut concerner n'importe lequel des sous-types décrits dans cet article.
Le cancer du sein métastatique
Le cancer du sein métastatique n'est pas un type histologique à part entière : il peut survenir à partir de n'importe lequel des sous-types décrits ci-dessus. Les métastases désignent des cellules cancéreuses qui migrent et se développent sur un autre organe, créant une lésion secondaire. Les localisations les plus fréquentes sont les os, le foie, les poumons, le cerveau et les ganglions.7
Selon leur origine : canalaire ou lobulaire
95 % des cancers du sein sont des adénocarcinomes*8 qui se développent à partir des cellules épithéliales de la glande mammaire. Parmi eux, deux types se distinguent selon leur point d'origine :
* C'est le type de cancer qui se développe dans les cellules glandulaires — c'est-à-dire les cellules dont la fonction est de produire et de sécréter des substances (du lait, dans le cas du sein).
Le préfixe "adéno" vient du grec et signifie "glande". La majorité des cancers du sein sont donc des adénocarcinomes car le tissu mammaire est avant tout un tissu glandulaire.
Le carcinome canalaire
Le carcinome canalaire (aussi appelé IDC, Invasive Ductal Carcinoma) se développe dans les canaux galactophores. C'est le type le plus fréquent : il représente plus de 80 % des diagnostics de cancer du sein.9,10
Le carcinome lobulaire
Le carcinome lobulaire (ILC, Invasive Lobular Carcinoma) prend naissance dans les lobules mammaires. Il représente environ 15 % des tumeurs mammaires11. Sa particularité : il se diffuse de façon diffuse plutôt qu'en formant une masse nette, ce qui le rend parfois plus difficile à détecter à la mammographie.
Il existe également des formes plus rares comme les carcinomes papillaires ou mucineux, qui présentent des caractéristiques biologiques spécifiques et un pronostic généralement favorable.

Selon leur profil biologique : trois sous-types moléculaires
Au-delà de leur origine anatomique, les cancers du sein se distinguent selon les récepteurs présents à la surface de leurs cellules. Ce profil biologique est déterminant pour choisir le traitement adapté.
Le cancer du sein hormonodépendant (RH+)
Le cancer du sein hormonodépendant exprime des récepteurs aux œstrogènes et/ou à la progestérone. Les hormones sexuelles stimulent la croissance de ces cellules cancéreuses. C'est le sous-type le plus fréquent, représentant environ 70 à 80 % de tous les cancers du sein12, et il présente le meilleur pronostic parmi les trois sous-types moléculaires.
Le cancer du sein HER2 positif (HER2+)
Le cancer du sein HER2 positif se caractérise par une surexpression de la protéine HER2 à la surface des cellules tumorales, ce qui stimule leur prolifération. Il représente environ 14 % des cancers du sein chez la femme.13
Longtemps associé à un pronostic défavorable, son évolution a été transformée par les thérapies ciblées anti-HER2.
Il est important de noter que ces sous-types ne sont pas toujours exclusifs : par exemple, environ 10 à 15 % des cancers HER2+ expriment également des récepteurs hormonaux (RH+), ce qui influence la stratégie thérapeutique.
Le cancer du sein triple négatif (CSTN)
Le cancer du sein triple négatif ne présente aucun des trois récepteurs identifiés comme cibles thérapeutiques : œstrogènes, progestérone et HER2. Il représente 10 à 15 % des cancers du sein incidents et présente le pronostic le moins favorable parmi les sous-types.14 Il est surreprésenté chez les femmes noires et préménopausées et chez les patientes porteuses d'une mutation BRCA1.14
En l'absence de cible hormonale ou HER2, la chimiothérapie constitue le traitement principal, souvent combinée à d'autres molécules selon le stade et le profil de la patiente. L'immunothérapie représente aujourd'hui une avancée majeure pour certains profils de CSTN.
Ce qu'il faut retenir
Chaque cancer du sein est unique. Son type histologique, son profil biologique et son stade au moment du diagnostic conditionnent ensemble la stratégie thérapeutique. C'est pourquoi, après la détection d'une tumeur, un bilan diagnostique approfondi est systématiquement réalisé pour en déterminer le type, le profil biologique et le stade; Autant d'éléments qui guideront l'équipe médicale vers le traitement le plus adapté à chaque patiente.
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