Mal de dos et sexe : quelles positions adopter pour éviter la douleur ?

Quand on a mal au dos, on peut avoir moins envie de faire l'amour, de peur d’avoir mal ou d’aggraver ses douleurs. Mais il existe des positions adaptées pour aider à limiter les contraintes exercées sur la région lombaire, qui permettent de conserver une vie sexuelle épanouie sans réveiller les douleurs ni les exacerber.

Pour la première fois, des chercheurs de l'université de Waterloo, au Canada, ont analysé les mouvements de la colonne vertébrale pendant l'acte sexuel de 10 couples, dans 5 positions sexuelles différentes : deux variantes de la position du « missionnaire », deux variantes de la « levrette », et la position des « petites cuillères ». Leurs résultats suggèrent que certaines positions sollicitent différemment la colonne lombaire et pourraient donc être plus ou moins adaptées selon que la douleur est déclenchée par la flexion, l’extension ou le mouvement du dos. !(1)
 

Sexualité et mal de dos : Conseils aux hommes souffrant de lombalgie

Les conclusions de la première étude portent sur les hommes souffrant de lombalgie, et dressent deux grands portraits :

  • les intolérants à la flexion, qui éprouvent une douleur en se penchant en avant
  • les intolérants à l'extension, dont la douleur se déclenche lorsque le buste penche en arrière

Contrairement aux idées reçues, la position des « petites cuillères » (sur le flanc, l'un derrière l'autre) n'est pas toujours idéale en cas de mal de dos : elle semble moins adaptée aux hommes dont la douleur est aggravée par la flexion du dos et pourrait être mieux tolérée par ceux dont la douleur est aggravée par l'extension. A contrario, la position de la « levrette » est préconisée en cas d'intolérance à la flexion, et déconseillée pour les intolérants à l'extension.

En « missionnaire », les recommandations dépendent de la position des jambes de la partenaire. Lorsque les jambes de la partenaire sont peu fléchies, cette variante semble moins sollicitante pour la colonne lombaire. En revanche, si elles sont fléchies, elles peuvent augmenter la flexion lombaire chez les hommes intolérants à la flexion.. Enfin, chez les personnes dont la douleur est aggravée par les mouvements du dos, les chercheurs suggèrent de privilégier des mouvements provenant davantage des hanches que de la colonne lombaire.(1)

Conseils aux femmes souffrant de lombalgie

Une seconde étude portant sur les femmes a rapidement suivi la première et émis de nouvelles recommandations(2). Comme les hommes précédemment, les femmes souffrant de lombalgie ont été classées en deux groupes : les intolérantes à la flexion, et celles ne tolérant pas l'extension.

Pour les femmes intolérantes à l'extension, c'est la position du missionnaire qui est la meilleure, que leurs jambes soient fléchies ou allongées. Un soutien lombaire (par exemple un coussin sous le bas du dos) pourrait également être utile, même si cette approche n'a pas été spécifiquement évaluée pendant les rapports sexuels. Pour les femmes intolérantes à la flexion, les scientifiques recommandent de privilégier les positions de la « levrette » et des « petites cuillères », avec une préférence pour la variante où la femme prend appui sur ses mains plutôt que sur ses coudes.

Mal de dos : ne renoncez pas à votre vie sexuelle

Ces recommandations sont cruciales pour les millions de Français souffrant de mal de dos, car la peur du mouvement peut conduire à une réduction de l'activité physique, y compris sexuelle. En cas de mal de dos, « le bon traitement, c'est le mouvement »(3). Et l'activité sexuelle, c'est du mouvement !

Certaines études suggèrent que l'ocytocine, une hormone notamment libérée lors des contacts affectifs et de l'activité sexuelle, pourrait moduler la perception de la douleur. Ainsi, une étude expérimentale a montré qu'une exposition à de très faibles doses d'ocytocine diminuait la sensibilité à une douleur provoquée chez des volontaires sains. Plus largement, différents mécanismes neurohormonaux impliqués dans l'activité sexuelle pourraient contribuer à moduler la perception de la douleur et à favoriser une sensation de bien-être. Ainsi, l'activité sexuelle pourrait, chez certaines personnes, participer à une diminution temporaire de la perception douloureuse, sans pour autant constituer un traitement à part entière.(5)

  1. Male Spine Motion During Coitus: Implications for the Low Back Pain Patient - Sidorkewicz, Natalie MSc; McGill, Stuart M. PhD Spine: September 15th, 2014 - Volume 39 - Issue 20 - p 1633–1639
  2. Documenting female spine motion during coitus with a commentary on the implications for the low back pain patient - Sidorkewicz, N. & McGill, S.M. Eur Spine J (2015) 24: 513.
  3. Site Ameli.fr - Mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement !
  4. V. Uryvaev, Yu & Petrov, GA. (1996). Extremely low doses of oxytocin reduce pain sensitivity in men. Bulletin of Experimental Biology and Medicine - BULL EXP BIOL MED-ENGL TR. 122. 1071-1073. 10.1007/BF02447648.
  5. The Relative Health Benefits of Different Sexual Activities - Stuart Brody PhD – Journal of Sexual Medicine – April 7th, 2010 - https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2009.01677.x

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